Un visiophone Extel à 2 fils se câble plus simplement qu’un système multi-conducteurs, mais la réussite dépend d’une chose: respecter le bus, la polarité et la sortie d’ouverture adaptée. Dans ce guide, je détaille le raccordement du moniteur et de la platine, le choix de la section de câble, puis la différence concrète entre une gâche électrique et une motorisation de portail. L’objectif est simple: obtenir une image stable, une communication nette et un accès qui s’ouvre au bon moment, sans tâtonner.
Les points à vérifier avant de raccorder un visiophone Extel 2 fils
- Les deux fils transportent à la fois l’alimentation, la vidéo et la communication.
- La polarité entre le moniteur et la platine doit être respectée sur la plupart des kits Extel.
- En pratique, on retient souvent 0,75 mm² jusqu’à 25 m et 1,5 mm² de 25 à 100 m.
- Les sorties d’ouverture ne servent pas toutes au même usage: gâche piétonne ou portail motorisé.
- Un montage propre se vérifie hors tension, puis test par test, avant de refermer le coffret.
Comprendre ce que transportent vraiment les deux fils
Sur un visiophone Extel 2 fils, les deux conducteurs ne servent pas seulement à “faire passer du courant”. Ils véhiculent le dialogue entre le moniteur et la platine, l’image, la sonnerie, et selon le modèle certaines commandes d’accès. La notice Extel rappelle que, sur plusieurs références, le moniteur se raccorde sur des bornes repérées 1 et 2, ou directement sur BUS+ et BUS-. Je préfère raisonner en bus: on n’est pas sur un simple interrupteur, mais sur une liaison sensible à la qualité du câblage.
Par rapport à un ancien interphone multi-fils, on gagne en simplicité, mais on perd le droit à l’approximation. Si la polarité est inversée, si la section est trop faible ou si la ligne est mal serrée, on peut avoir une image instable, une absence de sonnerie ou une ouverture qui ne répond pas. C’est pour cela que je commence toujours par l’étiquette au dos de chaque module, pas par les couleurs des fils.
Une fois ce principe en tête, le choix du câble devient beaucoup plus logique et le reste de l’installation suit plus vite.

Préparer le câble et les repères avant de toucher aux bornes
Avant de brancher quoi que ce soit, je coupe l’alimentation et je contrôle le cheminement du câble. Selon la notice de plusieurs kits Extel, on retient en général 2 fils de 0,75 mm² jusqu’à 25 m, puis 2 fils de 1,5 mm² de 25 à 100 m. Au-delà, il faut vérifier le modèle précis, parce que la qualité vidéo et la stabilité du bus deviennent beaucoup plus sensibles à la longueur et aux pertes.
| Distance de liaison | Section conseillée | Lecture pratique |
|---|---|---|
| Jusqu’à 25 m | 0,75 mm² | Adapté à une liaison courte si les connexions sont propres |
| De 25 à 100 m | 1,5 mm² | Réduit le risque de perte d’image et de chute de tension |
| Quelle que soit la longueur | Ne pas doubler les fils | On ne “gonfle” pas la section en les jumelant |
Je prépare aussi quelques outils simples: un tournevis de précision, un testeur si j’ai un doute sur la continuité, et de petites étiquettes pour noter chaque repère. Le vrai confort vient de là: quand tout est identifié avant le branchement, on évite les allers-retours inutiles entre la platine, le moniteur et le tableau électrique. Avec ce minimum de préparation, le câblage devient nettement plus sûr.
Suivre le câblage pas à pas sans inverser les bornes
Je ne branche jamais un Extel à l’aveugle. Le bon réflexe consiste à travailler module par module: d’abord l’écran, puis la platine, puis seulement les ouvertures.
- Repérer les bornes au dos du moniteur et de la platine. Sur beaucoup de modèles, les bornes 1 et 2 du moniteur correspondent à 1 et 2 côté platine, ou à BUS+ et BUS- selon l’inscription.
- Raccorder les deux conducteurs en respectant strictement la polarité. Si le modèle affiche + et -, je ne remplace pas cela par une logique “ça devrait marcher quand même”.
- Serrer les vis sans écraser l’âme du câble. Un fil mal dénudé ou trop court tient parfois quelques jours, puis crée un faux contact.
- Mettre sous tension et tester dans cet ordre: appel, image, audio, puis seulement ouverture.
- Vérifier que le bouton d’ouverture agit bien sur la fonction attendue et pas sur une autre sortie.
Je fais ce premier essai avant de fixer définitivement le moniteur. C’est le moment où l’on corrige le plus vite, et où l’on évite aussi les erreurs bêtes comme un conducteur mal inséré ou un repère confondu. Une fois cette base validée, on peut s’occuper de l’accès au portail ou au portillon.
Raccorder la gâche ou la motorisation sans mélanger les fonctions
La sortie d’ouverture n’a pas le même rôle selon l’équipement piloté. Pour une gâche électrique, on cherche à actionner un ouvre-porte piéton; pour une motorisation de portail, on envoie un contact sec, c’est-à-dire une simple impulsion de commande sans polarité. Sur plusieurs références Extel, la gâche et l’automatisme sont sur des bornes dédiées, parfois repérées 5/6 pour la gâche et 3/4 pour le portail; mais je me fie toujours à l’étiquette du modèle, car ce point varie d’une gamme à l’autre.
| Accès | Ce que la sortie attend | Point de vigilance | Erreur fréquente |
|---|---|---|---|
| Gâche électrique | Déclenchement de l’ouvre-porte, parfois avec alimentation dédiée | Vérifier si la gâche a besoin d’un transformateur séparé et si le modèle Extel impose une mémoire mécanique | Confondre la sortie de commande avec une alimentation permanente |
| Motorisation de portail | Impulsion sur l’entrée bouton poussoir | Respecter l’entrée de commande auxiliaire du moteur | Raccorder sur une entrée de puissance au lieu d’un contact sec |
Un détail pratique compte beaucoup: sur plusieurs modèles, l’ouverture n’est autorisée que pendant l’appel ou lorsque l’image est affichée. Si la commande semble “muette”, je vérifie d’abord ce comportement avant d’accuser le câblage. C’est souvent là que se cachent les malentendus les plus coûteux en temps, surtout quand le portail et le portillon utilisent des logiques différentes.
Éviter les pannes qui font croire à un mauvais visiophone
Dans la plupart des installations ratées, le produit n’est pas en cause. Le problème vient d’un raccordement trop rapide, d’une section trop faible ou d’un oubli au moment de la remise sous tension. Voici les cas que je rencontre le plus souvent.
| Symptôme | Cause probable | Ce que je vérifie en premier |
|---|---|---|
| Aucune image, aucun son | Alimentation absente ou polarité inversée | Présence du secteur, serrage des deux fils, repères du bus |
| Image qui décroche ou grésille | Câble trop fin, liaison trop longue, raccord intermédiaire mal serré | Section du câble, longueur réelle, état des connexions |
| L’ouverture portail ne répond pas | Sortie reliée au mauvais bornier ou attente d’un contact sec non respectée | Bornes accessoires et logique de commande du motoréducteur |
| Le système se coupe après un court-circuit | Protection interne déclenchée | Couper l’alimentation environ 10 s, corriger le défaut, puis relancer |
Je surveille aussi un point très simple: ne jamais doubler les fils pour augmenter artificiellement la section. C’est tentant, surtout quand on veut sauver une ligne un peu longue, mais c’est rarement propre et cela finit souvent par créer plus de pertes ou de faux contacts qu’autre chose. Quand la base est saine, la mise en service devient beaucoup plus prévisible et l’ouverture se comporte comme attendu.
Le contrôle final qui évite de tout redémonter
Avant de refermer le coffret, je refais toujours le même contrôle rapide: une sonnerie, une vidéo stable, un test audio dans les deux sens, puis une ouverture de portail et, si elle existe, une ouverture piétonne. Je regarde aussi si les câbles ne sont ni tendus ni pincés, parce qu’un fil trop court finit tôt ou tard par casser à l’intérieur de la gaine.
- Repères des bornes recopiés et vérifiés.
- Section de câble cohérente avec la distance.
- Polarité respectée entre écran et platine.
- Commande d’ouverture testée sur le bon accessoire.
- Alimentation remise en service seulement après contrôle complet.
Pour moi, c’est cette discipline qui fait la différence entre une installation qui fonctionne à peu près et un raccordement Extel durable, propre et rassurant à l’usage. Si vous gardez une seule règle en tête, prenez celle-ci: sur un système 2 fils, la simplicité du câblage ne dispense jamais de la rigueur du repérage.